[SANTÉ] Shivering : La maladie des tremblements

Tipho’zzo étant atteint de Shivering, j’ai décidé d’écrire cet article pour sensibiliser les gens sur cette maladie peu connue mais heureusement souvent bénigne et qui se gère très bien du moment que l’on soit informé.

Qu’est-ce que le Shivering?

Appelée aussi la maladie des tremblements, cette affection neuromusculaire dont la cause est inconnue reste très fréquente mais le plus souvent bénigne.

Elle touche généralement les membres postérieurs, s’exprimant sous forme de spasmes caractéristiques associant hyperflexion et abduction du membre (le sabot reste en l’air vers l’extérieur du cheval). Il n’existe pas de traitement mais des mesures préventives comme limiter les facteurs aggravant connus tel que stress, immobilité ou encore le froid.

Le cheval atteint peut généralement être monté normalement tant que la ferrure reste possible. Effectivement, cette maladie s’exprime le plus souvent lorsque l’on prend le pied du cheval rendant la tâche du maréchal difficile.

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Position caractéristique du Shivering
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Tipho’zzo atteint au postérieur droit

Les symptômes

Cette maladie provoque des spasmes, des contractures musculaires douloureuses empêchant parfois le cheval de donner le pied faisant penser (à tort!) à un trait de mauvais caractère. Lorsque le cheval donne le pied, la position est caractéristique: son sabot est en l’air et tourné vers l’extérieur, survient alors les tremblements. Le cheval peut également se mettre dans une position un peu curieuse pour se soulager: se camper ou encore tourner la tête du côté du membre. Les signes sont provoqués le plus souvent lorsque l’on prend le pied du cheval ou uniquement en lui demandant. Ils peuvent aussi être déclenchés au reculer, dans des virages serrés, ou lors d’un départ « à froid », après un long arrêt ou en sortant du box.

Les signes cliniques disparaissent lorsque le cheval est en mouvement, la démarche peut rester anormale pendant les deux ou trois premiers pas, cela ressemble alors beaucoup au mouvement de harper. Certains chevaux peuvent aussi avoir une démarche saccadée. Un défaut de propulsion est parfois constaté.

Il existe également un Shivering des membres antérieurs mais elle reste plutôt rare. Quand on essaye de prendre le membre, le carpe se fléchit et le membre montre alors un
mouvement de flexion et d’abduction associé. Le Shivering peut atteindre plusieurs membres: par exemple, Tipho’zzo présente des signes sur l’antérieur gauche et le postérieur droit.

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De façon encore plus rare, le Shivering peut atteindre les muscles des oreilles, des paupières, des lèvres et des joues. Le cheval cligne des yeux, ses oreilles tremblent et la commissure des lèvres se contracte.

Comment gérer un cheval atteint de Shivering au quotidien?

Un cheval atteint peut vivre tout à fait normalement à condition de bien respecter certaines consignes élémentaires:

  • Des conditions de vie adaptées: La nuit au box pour éviter le froid (au moins l’hiver) et la journée au pré pour favoriser le mouvement. Couvrir son cheval l’hiver avec une couverture et éviter les douches froides. Pas de box ferme!
  • Adapter le transport:Éviter les longs trajets, faire des pauses régulières.
  • Eviter les situations de stress: En effet, si un cheval est réprimandé car il n’arrive pas à donner ses pieds, les signes ne vont faire qu’augmenter. Ne grondez jamais un cheval atteint qui ne veut pas donner son pied!
  • Avoir un maréchal patient et doux:Le propriétaire ou le cavalier présent lors de la ferrure est généralement bénéfique pour aider le maréchal et surtout détendre le cheval au maximum. La tranquillisation peut donner de bons résultats également.
  • Le monter régulièrement: L’immobilité aggrave le Shivering. Un travail régulier avec des exercices appropriés sont très bénéfiques.
  • Avoir un suivi ostéopathique régulier: 1 à 2 fois par an

Peut-on monter normalement un cheval atteint de Shivering?

L’exercice est très bon pour un cheval atteint. Un travail régulier et adapté est très bénéfique pour le cheval. L’ostéopathe de Tipho’zzo me préconise toujours de le mobiliser dès les premières minutes de détente. Au pas, vous pouvez bouger les hanches à droite, à gauche, incurver, faire des cercles…etc le but étant de l’assouplir et de le détendre au maximum mais de façon très progressive. Il faut particulièrement soigner la détente.


Certaines thèses sur la maladie parlent d’éviter le travail sur 2 pistes ou encore le reculer. Pour ma part, cela donne de bons résultats mais je dirais que le plus important est d’écouter son cheval. Lui seul vous dira où sont ses limites.


Les phases de repos étant également très importantes, il faut que votre cheval puisse se reposer en dehors des phases de travail, idéalement au pré car favorisant le mouvement.

Peut-on faire de la compétition avec un cheval atteint de Shivering?

Les chevaux souffrant de Shivering peuvent tout à fait travailler normalement de nombreuses années et même aller en compétition! Tipho’zzo n’a aucune contre-indication sportive c’est seulement mon petit niveau d’amateur qui m’empêche de faire plus gros que les Grand Prix 110. Il est très fréquent de voir des chevaux de CSO atteints sortir en Amateur Elite et plus.

En dressage, cela peut être plus problématique car certains chevaux ont beaucoup de mal à reculer ou encore ont des allures « originales » (levé exagéré du postérieur en transition trot/pas chez Tipho’zzo par exemple). Mais j’ai envie de vous donner une petite lueur d’espoir: Tipho’zzo lorsque je l’ai eu ne reculait pas, il se durcissait dans sa mâchoire et on sentait que cela lui demandait des efforts considérables. A force de travail et de patience, aujourd’hui il est capable de reculer très bien sans douleur, ce n’est toujours pas sa tasse de thé mais il y a de nets progrès!


ATTENTION: Le Shivering est une maladie complexe et méconnue, aucun traitement ni d’améliorations notables ne sont connus. Cependant mon expérience avec mon cheval m’a prouvé qu’il était possible d’obtenir une amélioration chez lui grâce à la décontraction et à l’assouplissement lors du travail du cheval. Chaque cas est différent.


La ferrure

Les maréchaux ferrant connaissent bien cette maladie et ont souvent l’habitude de ferrer des chevaux atteints de Shivering. Pour pouvoir tenir le pied longtemps et travailler dessus, le pied doit rester immobile ainsi que la personne qui le tient. Une fois, le spasme passé, le cheval arrive normalement à trouver une position qui lui convient (pied assez bas le plus souvent).
La tranquillisation peut permettre que cela se déroule dans le calme.  Dans certains cas, elle sera nécessaire à chaque ferrure.
Dans les cas sévères, il vaut mieux parfois abandonner la ferrure des membres atteints et ne pas hésiter à parer au sol.

J’espère que cet article vous aura éclairé sur cette maladie. Si vous aussi vous avez des chevaux atteints de Shivering et que vous vous voulez nous raconter votre histoire, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

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