[SANTÉ] Prévenir les ulcères gastriques chez le cheval

On a tous entendu parler en tant que cavalier des ulcères gastriques chez le cheval. Oui mais concrètement qu’est-ce que c’est ? Et surtout comment prévenir ce phénomène qui fait souffrir nos chevaux ? Cela tombe plutôt bien… on en parle dans cet article !

Qu’est-ce qu’un ulcère gastrique chez le cheval?

Ce sont des érosions ou « plaies » plus ou moins profondes de la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’estomac, causées par l’acide gastrique.

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Ulcères gastriques chez le cheval. Crédit : Clinique Madelaine

 

Comment fonctionne l’estomac d’un cheval ?

Pour comprendre le fonctionnement de l’estomac d’un cheval, il faut imaginer un ballon  se remplissant et se vidant en continue. Le temps de séjour des aliments varie de 2 à 8 heures selon la taille du repas et sa composition. Pour être plus précis : l’estomac laisse passer deux tiers de chaque repas en une 1h et retient le derniers tiers 5 à 8h.

L’estomac est le lieu principal de la pré-digestion des protéines, il produit en permanence de l’acide chlorhydrique, nécessaire à l’activité de la pepsine (enzyme préparatrice de la digestion des protéines). C’est cet acide qui peut causer des lésions si elle n’est pas régulée correctement par la salivation. A l’état naturel, le cheval mange de l’herbe toute la journée et le flux continu de salive régule le PH du volume de l’estomac. Lorsque l’estomac est sans aliment, le PH peut en être modifié. L’acidité élevée s’attaque alors aux parois de l’estomac et créé ces fameuses « plaies »…

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La production d’acide chlorhydrique est aussi stimulé lors d’un exercice. En effet, lorsque le cheval trotte ou galope, les muscles abdominaux se contractent et stimulent ainsi la production d’acide. De plus au travail, le sang irrigue en priorité les muscles et le flux diminue dans l’estomac. La muqueuse recevant moins d’oxygène, elle est plus vulnérable. C’est pourquoi un exercice intense l’estomac vide (ou après un repas de céréales) favorise les ulcères.

En clair? Ton cheval a besoin de manger du fourrage tout au long de la journée pour être au top de sa santé gastrique !

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Les symptômes d’un ulcère gastrique

  • Mauvais état général, amaigrissement, poil piqué
  • Appétit capricieux
  • Bruxisme : grincement de dents
  • Hypersalivation
  • Crottins mous
  • Coliques dites « sourdes » après les repas ou un stress (concours, transport…)
  • Fatigue
  • Bâillements répétés avant les repas

En cas de doutes, consultez votre vétérinaire.

Prévenir les ulcères

Il est très important de fractionner les repas le plus possible en 3 à 4 fois.

Lui donner une ration de foin avant le travail (pendant le pansage par exemple) surtout avant un exercice intense.

Donnez également le fourrage avant les granulés afin de ralentir le passage des aliments fermentant facilement dans le duodénum et augmenter le volume du bol alimentaire dans l’estomac.

A éviter l’avoine entière source d’acidité et peu digestible.

De façon simple, une mise au pré intégrale peut à elle seule permettre une guérison totale mais les mesures préventives seront à reprendre une fois la remise au box.

Eviter les situations stressantes, source d’ulcères.

Vermifugez régulièrement votre cheval surtout en fin d’automne où les gastérophiles sont les plus présents et peuvent causer des ulcères.

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LE BON RÉFLEXE

Essayez au maximum de coller à leur mode de vie originel. C’est à dire : être au pré ou au paddock un maximum, avec un accès à l’herbe ou au fourrage en permanence, de préférence ensemble (les chevaux ont besoin de contact sociaux, cela diminue le stress et favorise leur bien-être). Des repas de granulés fractionnés en 3 à 4 fois en ayant donné au préalable le fourrage.


Soulager les ulcères

  • Les traitements médicamenteux

L’Oméprazole est la molécule la plus efficace aujourd’hui pour soigner les ulcères chez le cheval, c’est un anti-acide. Il s’administre sous forme de pâte une fois par jour dans la bouche de votre cheval pour une durée variable selon la gravité de l’ulcère. On peut associer à ce traitement un complément alimentaire à base de kaolin (argile blanche) et de pectines qui, par un effet « tampon » sur l’acidité gastrique et protecteur sur la muqueuse, facilitent la cicatrisation et préviennent les récidives.

Les « pansements »  en solution buvable comme le Phosphalugel ont un effet soulageant immédiat mais très peu durable et ils ne sont pas vraiment adaptés au volume de l’estomac du cheval.

  • Les traitements naturels

L’Aloé Véra en cure régule l’acidité gastrique et soulage l’inflammation.

Le Curcuma longa soulage les douleurs d’estomac et l’inconfort digestif et il a la faculté d’être 100% naturel.

Le Lithothamne est une algue calcaire reconnue pour ses propriétés anti-acide puissante. 100% naturelle, elle est utilisée entre autre pour les chevaux sensibles de l’estomac.

La pectine de pomme forme un gel protecteur de la muqueuse et soulage efficacement.

Le Kaolin ou Argile Blanche, soulage et protège la muqueuse. Il facilite la cicatrisation et prévient les récidives.

Et après ?

Un contrôle gastroscopique est souhaitable en fin de traitement pour vérifier la cicatrisation de la muqueuse gastrique et mettre en place des mesures préventives pour le long terme. Des ulcères persistants ou aggravés malgré des traitements adaptés doivent faire suspecter l’existence  d’une autre maladie digestive intestinale ou hépatique.

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Un examen de gastroscopie au Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire d’Oniris – Nantes

La gastroscopie est un examen vétérinaire non douloureux qui consiste à introduire une sonde (comportant une caméra à son extrémité) dans l’estomac afin d’en visualiser l’intérieur et confirmer la présence ou non de lésions de la muqueuse gastrique.

En cas de suspicion d’ulcères gastriques, il est indispensable de consulter votre vétérinaire, seul professionnel apte à vous prescrire un traitement adapté à votre cheval.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Annawenn dit :

    Effectivement, le cheval doit vivre au plus proche de sa nature. La vie au pré n’est pas suffisante car toutes les plantes n’y sont pas. Il est certain que, naturopathe, je ne cautionne pas les traitements agressifs (par exemple, les vermifuges sont aussi causes de maladies).
    Les chevaux se vermifugent naturellement avec l’armoise, mais il faut bien sûr qu’il puisse sortir en liberté pour choisir les plantes dont il a besoin.
    Je sais que ça n’est pas toujours possible, c’est cependant le premier conseil à donner 😉
    Comme tu le sais, mes chevaux sont nés sauvages. Si je donne un vermifuge chimique à Gaya, ça la détraque et je suis bonne pour les cures de probiotiques et de fétuque (herbe d’altitude). Du coup, c’est sortie 2 fois par semaine, même l’hiver, youpiiiii.
    Bonne semaine

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